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Cellules tumorales circulantes et dépistage précoce du cancer du poumon chez les patients porteurs d’une bronchopathie chronique obstructive.
Coordination Charles Marquette & Paul Hofman, Nice

   
 

Cellules tumorales circulantes (CTC)

La migration dans le sang de cellules tumorales est un phénomène qui intervient précocement dans le développement des tumeurs. Cette propriété est utilisée dans certains pays pour surveiller l’efficacité de la chimiothérapie des cancers du sein, de la prostate ou du colon en situation métastatique.
Dans une étude récente nous avons pu montrer, que chez des patients à risque de cancer du poumon (fumeurs ou ex-fumeurs, porteurs d’une BPCO), on pouvait, grâce à la technique appelée ISET (sorte de filtre sanguin), mettre en évidence dans le sang circulant des cellules cancéreuses qui portaient toutes les caractéristiques de cellules de cancer du poumon, avant même que le cancer ne soit détecté sur le scanner thoracique.


C’est pourquoi nous faisons l’hypothèse que les CTC pourraient être un marqueur précoce de cancérisation, potentiellement utile dans le cadre du dépistage du cancer du poumon.
Quand on pratique des scanners de dépistage chez des patients à risque de cancer du poumon, on met en évidence dans plus d’un tiers des cas des anomalies (nodules) qui en réalité ne sont finalement pas cancéreuses. Malheureusement pour prouver que ces anomalies ne sont pas cancéreuses, il faut pratiquer des scanners de surveillance pour prouver que les nodules ne « poussent » pas et parfois il faut même les aborder par des techniques invasives (ponction, chirurgie) pour prouver qu’ils sont de nature bénigne. Dans ce contexte, nous faisons l’hypothèse que, couplée aux scanners de dépistage, la recherche de CTC pourrait permettre de faire la distinction entre lésions malignes et lésions bénignes chez tous les patients qui se voient découvrir des anomalies sur les scanners de dépistage.
Enfin, quand on découvre une anomalie suspecte d’être un cancer du poumon on recommande des attitudes dont le degré d’invasivité est adapté au degré de suspicion. Par exemple pour un nodule de petite taille, on recommandera un scanner de contrôle 3 mois et 6 mois plus tard. Si la taille du nodule reste stable on conclura à sa nature bénigne. S’il grandit on proposera au patient un abord diagnostique (ponction, chirurgie). A l’inverse si on dépiste une anomalie d’emblée très suspecte on proposera rapidement une attitude invasive. Nous faisons l’hypothèse, que dans le cadre d’une anomalie découverte par un scanner de dépistage, la présence concomitante de CTC pourrait augmenter le degré de de suspicion et influer sur les modalités de prise en charge du patient.

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